Lors de ses voeux à la presse, Nicolas SARKOZY, dans un curieux mélange des genres consistant à s’adresser aux journalistes à la fois comme président de l’UMP et comme ministre de l’intérieur, a consacré une longue partie de son discours à la réforme de nos institutions politiques.
La C6R doit d’abord se réjouir que le président du principal parti de droite, également n°2 du gouvernement et, en fait, chef de la majorité parlementaire, fasse de la question institutionnelle l’une des priorités de l’agenda politique de 2007.
Pourtant, la C6R ne peut que s’inquiéter des propositions de M. Sarkozy qui mélange allégrement mécanismes du régime présidentiel (le pouvoir de gouvernement au président élu au suffrage direct) et du régime parlementaire (ledit président étant aussi responsable de son action devant les chambres), sans que le Premier ministre, réduit au rôle de secrétaire général du Gouvernement, ne disparaisse...
On voit bien le but recherché par le ministre de l’intérieur : concentrer tous les pouvoirs une fois élu.
Et on ne peut que partager la réaction d’Arnaud Montebourg :
"Les projets institutionnels de Monsieur Sarkozy traduisent la dérive autoritaire et dangereuse du personnage. Concentration des pouvoirs, non renforcement des contre pouvoirs, le régime présidentiel selon l’inspiration sarkozyste est le contraire d’une augmentation de la démocratie dans notre pays."
Si toute la classe politique aujourd’hui, à l’exception d’un dernier carré de fidèles du chef de l’Etat, milite pour une profonde réforme de nos institutions, le clivage entre partisans d’un régime parlementaire moderne et ceux d’un régime présidentiel autoritaire est profond.
Les projets des candidats à l’élection présidentielle devront faire un choix clair.