Arnaud
Montebourg ne lâche pas prise. Puisqu’il n’a pu empêcher, en décembre,
l’ascension de proches de Juppé et de Chirac au sein de la haute
fonction publique, il a décidé de faire constater l’illégalité de ces
promotions. Au nom de la Convention pour la VIe République qu’il
préside et d’une association de fonctionnaires, le député PS a adressé
hier au Conseil d’Etat trois recours fondés sur l’article 6 de la
Déclaration des droits de l’homme : « Tous les citoyens sont également
admissibles à toutes dignités selon leurs capacités et sans autre
distinction que celles de leurs vertus et de leurs talents. »
Selon
Montebourg, le respect de cet article devrait conduire à l’annulation
du décret signé par le Président le 19 décembre portant nomination de
Pierre-Mathieu Duhamel au poste de directeur du budget du ministère de
l’Economie, de Jérôme Grand d’Esnon à celui de directeur des affaires
juridiques de Bercy et de Bernard Niquet au poste de préfet des
Yvelines.
Selon
Montebourg, Pierre-Mathieu Duhamel, ex-directeur des finances à la
mairie de Paris en 1991, ne pouvait être promu en raison de sa mise en
examen dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs de la mairie de
Paris. Jérôme Grand d’Esnon, ex-chargé de mission au cabinet du maire
de Paris Jacques Chirac, « ne présente en aucun cas les capacités
requises pour exercer les fonctions de directeur des affaires
juridiques ». Concernant Bernard Niquet, ancien « conseiller
technique » de Bernadette Chirac, Montebourg affirme qu’il ne peut
exercer les fonctions de préfet des Yvelines « par absence, tout à la
fois, de diplôme et d’expérience ». Pour le député de Saône-et-Loire,
ces nominations récompensent « la fidélité à Jacques Chirac, servilité
et loyauté au RPR, dévotion à l’épouse du chef de l’Etat ».
L’UMP
a dénoncé hier soir ces propos « injurieux », qui « ne grandissent pas
le PS au nom duquel » Montebourg « semble s’exprimer ».
Alain AUFFRAY
Article de Libération.