Lettre ouverte à M. Jacques Chirac,
président de la République
L’annonce
de la mise en place d’une commission d’enquête administrative composée
des trois premiers magistrats du pays, après vous bien sur, constitue
une grave attaque contre l’indépendance et l’autorité de la justice.
Déterminer
s’il y a eu des pressions à l’encontre des magistrats de Nanterre :
cela est le travail d’un juge d’instruction, saisi après ouverture
d’une information judiciaire. Estimer les effets de ces pressions sur
le fonctionnement de l’institution judiciaire : cela est la mission
constitutionnelle du conseil supérieur de la magistrature, que vous
présidez. Et comment envisager sérieusement que le plus haut magistrat
judiciaire du pays – le premier président de la Cour de cassation –
puisse participer aux travaux d’un objet juridique non identifié chargé
d’enquêter sur une procédure judiciaire qu’il pourrait être amené à
juger en cassation dans les mois à venir ?
Cette commission agirait en dehors du droit, ses conclusions ne dissiperaient pas les doutes.
Votre intervention en ce sens n’est donc ni légale, ni légitime, ni souhaitable.
En vérité, vous venez de violer l’article 64 de la Constitution.
Cette
violation du pacte suprême entre les Français dont vous êtes censé
garantir le respect est le début d’un processus de destruction de nos
institutions. Soyez certains que nous ne resterons pas sans réagir.
Veuillez agréer, M. le Président, l’expression de ma haute considération.
Arnaud Montebourg
Député de Saône-et-Loire
Président de la Convention pour la 6ème République