
Edouard Balladur (Sipa)
Le
Figaro
publie, mardi 23 octobre, les premières mesures préconisées par le
comité sur la réforme des institutions, présidé par Edouard Balladur.
Le rapport doit être publié officiellement vendredi.
Une dose de proportionnelle aux législatives.
Le comité propose d’introduire, pour les élections législatives, une
dose de proportionnelle. Trente députés pourraient être ainsi élus
selon ce mode de scrutin.
La fin des parrainages. Le comité propose de
remplacer le système des parrainages pour l’élection présidentielle par
un collège de 100.000 élus qui désigneraient les présidentiables au
cours d’un vote. Seuls les candidats ayant atteint un certain
pourcentage, 1,5% ou 2% selon
le Figaro, pourraient se présenter à l’élection.
Les rapports au sein de l’exécutif. Le comité
préconise de modifier les articles 5 et 20 de la Constitution régissant
la répartition des pouvoirs entre le gouvernement et le président de la
République. Actuellement, l’article 20 prévoit que "le gouvernement
détermine et conduit la politique de la nation". La nouvelle
formulation stipulerait que c’est le président qui "détermine la
politique de la nation" et que le gouvernement la "met en œuvre".
Les rapports entre le président et le Parlement.
Le chef de l’Etat aurait la possibilité de venir s’exprimer devant le
Parlement, chose aujourd’hui interdite en vertu de la séparation des
pouvoirs. La déclaration du président pourrait être suivie d’un débat,
mais seulement après son départ, ceci dans chacune des deux assemblées.
Les députés et sénateurs auraient également la possibilité de voter une
résolution ou une motion "qui ferait référence à la déclaration
présidentielle".
Les projets de loi. Actuellement, lorsqu’un
projet de loi est déposé par le gouvernement à l’Assemblée, il est
d’abord examiné en commission, et éventuellement amendé. Lors de sa
première lecture, les députés doivent alors examiner et voter le texte,
mais également tous les amendements déposés.
Le comité propose que les députés se prononcent directement sur le
texte modifié en commission et non plus sur la version du gouvernement,
sauf si des amendements sont contestés en séance. Si le gouvernement
veut s’opposer à une mesure adoptée en commission, c’est lui qui devra
déposer un amendement d’annulation.
L’article 49-3. Cet article de la Constitution,
qui permet au gouvernement d’engager sa responsabilité sur un texte
pour forcer son adoption, devrait être limité aux lois de finances et
lois de financement de la Sécurité sociale. Selon
le Figaro, "en contrepartie, pourrait être proposé un encadrement du droit d’amendement, destiné à empêcher l’obstruction".
L’exception d’inconstitutionnalité. Le rapport
se prononce pour l’introduction dans la Constitution de l’"exception
d’inconstitutionnalité", qui permettrait aux citoyens d’invoquer
l’inconstitutionnalité d’une loi déjà votée devant un juge.
Actuellement, seuls 60 députés, 60 sénateurs, le président du Sénat, le
président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre et le président
de la République ont le pouvoir de saisir le Conseil constitutionnel
avant la promulgation d’une loi.
La maîtrise de l’ordre du jour. L’ordre du jour
serait fixé de manière égale par le gouvernement et le Parlement.
Actuellement, c’est le gouvernement qui en a l’entière maîtrise, à
l’exception d’une séance par mois.
Le contrôle des députés. Les députés auraient la possibilité de contrôler la politique extérieure, la défense et les services spéciaux.
Les commissions permanentes. Celles-ci passeraient de six à huit ou neuf.
Les nominations. Le Parlement obtiendrait un
droit de regard sur les nominations des hauts fonctionnaires,
actuellement compétence réservée du président de la République.
La disparition du CSM et du CSA. Le Conseil
supérieur de la magistrature serait remplacé par une autre institution
dont le nom n’est pas précisé. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel
laisserait, lui, la place à une "haute autorité du pluralisme".