Le président de la République a créé un comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la 5e République.
Malheureusement, il apparaît évident que ce projet de réforme de la constitution de 1958 n’a pas pour objectif de rééquilibrer les institutions de la 5e République.
Au contraire, à peine élu, Nicolas SARKOZY affirme ainsi sa volonté inébranlable d’inscrire dans la constitution l’évolution qu’il lui donne depuis quelques semaines : la présidentialisation accélérée de l’exercice du pouvoir.
Dernier exemple en date, celui de la libération des infirmières bulgares en Libye : Auditionné à l’Assemblée, le ministre des Affaires étrangères n’a pu masquer son ignorance quasi-totale du dossier, et des contreparties consenties au régime du Colonel Khadafi.
Cela tombe bien : aux termes de la future réforme, le président de la République deviendra le seul maître à bord - chef de l’Etat, chef du gouvernement, chef de la majorité. Le régime sera donc loin d’être un régime présidentiel, caractérisé par l’existence de réels contre-pouvoirs, comme aux Etats-Unis par exemple. En tout état de cause, l’émergence d’un Parlement contre-balançant efficacement le pouvoir exécutif ne suffirait pas. Or, la concentration de la propriété des principaux médias du pays dans les mains de quelques grands groupes industriels tirant une part significative de leurs revenus de la commande publique ne laissent pas d’inquiéter.
Convaincue que la gauche ne doit pas se résoudre à voir graver dans le marbre une dérive clairement bonapartiste de nos institutions, la Convention pour la 6e République mettra en place, lors de sa quatrième université d’été, le 28 août prochain, à Jarnac, une contre-commission de réforme des institutions.
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