C6R    
Admin 06|01|2009 - 12:41 Accueil Plan du site Agenda Liens Rédacteurs Contacts Gestion Admin
Accueil >>  Les dossiers

Institutions : M. Sarkozy expose ses options


ET INVITE M. FILLON À ENGAGER DES CONSULTATIONS

mardi 13 novembre 2007, par webmaster

Lien : www.lemonde.fr


Institutions : M. Sarkozy expose ses options et invite M. Fillon à engager des consultations



Intervention du président de la République devant le Parlement, suivie d’un débat ; limitation à deux du nombre de mandats successifs exercé par un même président ; renforcement de la proportionnelle au Sénat ou introduction d’une part à l’Assemblée nationale : telles sont quelques-unes des mesures qui figurent dans la "lettre d’orientation" sur la réforme des institutions que Nicolas Sarkozy a adressée à François Fillon, lundi 12 novembre, et dont Le Monde a obtenu copie.

Ce courrier de cinq pages, qui reprend un certain nombre des propositions formulées par le comité Balladur (Le Monde du 27 octobre), constitue la première ébauche d’un projet de loi constitutionnelle dont le chef de l’Etat souhaiterait disposer avant le 15 décembre, "afin que le Parlement puisse en faire un premier examen d’ici le mois de février". Le premier ministre est prié d’engager dès à présent une consultation de "toutes les formations politiques de notre pays". Les partis qui ne sont pas représentés au Parlement auront donc leur mot à dire.

"Il me paraît souhaitable et possible de recueillir un accord large", écrit M. Sarkozy, en précisant aussitôt que "notre objectif doit être de rester cohérents sur les buts de la réforme". Alors que la question institutionnelle divise sa majorité, M. Sarkozy s’efforce de se montrer ouvert au dialogue, cette posture devant lui permettre, le cas échéant, de renvoyer à d’autres la responsabilité d’un échec de sa réforme.

Le président a pris soin d’arrondir les angles par rapport à la feuille de route qu’il avait tracée en installant le comité Balladur. Des points épineux ont disparu, les sujets qui fâchent sont abordés de manière ouverte. Revue de détail.



L"hyper-président" Sarkozy voulait que la Constitution lui taille un rôle à sa mesure. Ainsi a-t-il initialement plaidé pour une modification de l’article 20, qui prévoit que "le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation". Il y renonce, les formulations envisagées – "le président détermine", "le président définit" – n’étant pas venues à bout des critiques des constitutionnalistes, relayés par des politiques.

Le seul changement envisagé concerne la répartition des compétences en matière de défense. Le président maintient en revanche son souhait – auquel s’oppose le PS – de pouvoir s’exprimer directement devant les deux Assemblées.

Ce serait, assure-t-il, "une manière de reconnaître et de revaloriser le rôle du Parlement". Ces interventions, précise-t-il, devraient "pouvoir donner lieu à débat", ce qui exclut implicitement tout vote.




Le chef de l’Etat fait siennes plusieurs des propositions du comité Balladur visant à encadrer davantage ses pouvoirs : renforcement du contrôle exercé sur les pouvoirs exceptionnels (article 16, état de siège, état d’urgence) ; "droit de regard" du Parlement sur les nominations les plus importantes ; droit de grâce "réservé à des cas individuels" ; contrôle par la Cour des comptes des budgets des pouvoirs publics.Afin de "ne pas porter atteinte à la souveraineté du suffrage", le comité Balladur avait jugé "inutile, voire inopportun", de limiter à deux le nombre de mandats successifs exercés par un même président, contrairement à ce que souhaitait M. Sarkozy. Ce dernier persiste et signe : "Je considère que le rôle de la Constitution est aussi d’aider les responsables politiques à agir plutôt qu’à chercher à se maintenir."




Le président partage plusieurs recommandations du comité Balladur au sujet de l’organisation des travaux parlementaires, qui n’ont guère fait débat jusqu’à présent : encadrement de l’usage de l’article 49-3 de la Constitution (qui permet au gouvernement de faire adopter un projet de loi sans vote) ; nombre (plus élevé et rôle des commissions ; encadrement du recours à la procédure d’urgence ; partage de l’ordre du jour, etc.



Les deux sujets qui irritent au plus haut point les parlementaires UMP sont abordés du bout des lèvres par le chef de l’Etat. Concernant le cumul des mandats, que le comité Balladur souhaitait strictement limiter, M. Sarkozy se contente de demander à M. Fillon de "soumettre à la concertation l’ensemble des solutions possibles".

Parmi celles-ci, le président mentionne "le renforcement des sanctions contre l’absentéisme parlementaire", ainsi qu’un "encadrement plus strict de la possibilité offerte aux parlementaires d’exercer certaines fonctions professionnelles".

Le chef de l’Etat souhaite en revanche "interdire le cumul d’une fonction ministérielle avec tout mandat électif, à tout le moins avec tout mandat exécutif". Les ministres candidats aux municipales sont prévenus.

S’agissant de la proportionnelle, M. Sarkozy "incline plutôt" à ce que la proportionnelle soit renforcée au Sénat, mais il n’écarte pas la possibilité d’en instaurer "une part" à l’Assemblée nationale.

"Je vous demande de soumettre au débat les deux options (&hellip ainsi que leurs différentes modalités", écrit-il à M. Fillon. A charge pour ce dernier de concilier, lors de ses consultations, des points de vue diamétralement opposés.


 

DANS LA MEME RUBRIQUE

 
 

[webmaster]

 
   Extranet Association "Convention pour la 6ème République" de Charentes-Poitou