Les auditions du comité sur la réforme de la Constitution, qu’il préside, seront télévisées.
Par NATHALIE RAULIN
QUOTIDIEN : vendredi 7 septembre 2007
Edouard Balladur cultive plus que jamais son profil d’
« homme libre ». Nommé mi-juillet par l’Elysée à la tête du
comité de réflexion sur la réforme des institutions, l’ancien Premier
ministre et ex-mentor de Nicolas Sarkozy rivalise de modestie et de
transparence pour faire oublier sa très grande proximité avec le chef
de l’Etat. Une condition sine qua non pour crédibiliser les
propositions du rapport qu’il doit remettre à ce dernier au plus tard
fin octobre et qui devront donner lieu à une réforme de la Constitution
« avant les municipales », foi de Sarkozy.
Confidences. D’entrée de jeu, une large publicité
avait été organisée autour de la composition du comité, ouvert à des
hommes de gauche, comme le député PS du Pas-de-Calais Jack Lang et Guy
Carcassonne, professeur de droit réputé proche de Rocard.
Viennent désormais les
confidences plus anodines. Pour abriter les travaux du comité, des
locaux modestes, quand même situés dans la très huppée rue
Saint-Dominique, ont été préférés à l’Hôtel de Marigny, proposé par
l’Elysée.
Mais c’est sur le terrain de la
« transparence » que Balladur cherche à marquer des points. Si les délibérations internes au comité ont vocation à rester
« secrètes », ses auditions seront en revanche retransmises sur
les chaînes parlementaires, sous réserve de l’accord des intéressés.
Les responsables politiques, y compris le leader du Front national,
Jean-Marie Le Pen, seront entendus d’ici fin septembre, selon un
agenda détaillé sur un site Internet (1).
La transparence a
néanmoins ses limites. Aucune mention n’est faite du déjeuner qui doit
réunir les membres du comité et la garde des Sceaux, Rachida Dati,
mercredi. Ce devrait pourtant être l’occasion d’aborder la délicate
question de la composition du Conseil supérieur de la magistrature,
présidé par le chef de l’Etat, par ailleurs partie civile dans une
affaire (Clearstream) touchant un ex-Premier ministre (Villepin) et un
ancien président (Chirac). Un sujet parmi la trentaine d’autres
touchant au pouvoir exécutif, au Parlement ou au droit des citoyens que
le comité a « débroussaillés » au cours de sa première phase.
« Message ».
L’essentiel est pourtant ailleurs.
« Notre objectif est de proposer un système institutionnel plus équilibré, dans lequel le Parlement ait davantage de droits »,
a indiqué hier
Balladur lors d’une conférence de presse.
« Faut-il aller jusqu’à remettre en cause le principe actuel de
responsabilité du gouvernement devant le Parlement ? Nous sommes une
minorité à le penser. »
Plutôt que le grand bon en avant, c’est la politique des petits pas qui devrait donc prévaloir. Ainsi, la réforme du
« droit de message »
du Président au Parlement devient un
« sujet important ».
Et l’ex-Premier ministre de livrer tout à trac :
« Il s’agit de passer d’un président arbitre à un président gouvernant. »