Cyrille Minso, président de Génération République,
interviendra le samedi 14 février 2004, au cours de l’Assemblée
Générale de la Convention
pour la VIè République (C6R), présidée
par Arnaud Montebourg sur le thème suivant :
"Elire une Assemblée constituante européenne
en juin 2004 ?"
Programme de l’après midi :
14h00- 17h Débat sur le thème : "Elire
une Assemblée constituante européenne en Juin 2004
?"
14h-14h20 Introduction par Paul
Alliès, professeur de science politique à l’université
de Montpellier.
14h20-15h Table ronde avec :
- Cyrille Minso, président de Génération
République
- Jessica Pennet, présidente pour la France des Jeunes
Européens.
15h-16h00 Débat avec la salle.
16h-17h Conclusions par Arnaud Montebourg, Dominique Voynet, le
président de la C6R.
Plan de l’intervention de Cyrille
Minso, président de Génération République
:
En préambule, je voudrais rappeler à
la présidente du club des Jeunes Européens qui veut
tout mettre en oeuvre pour sauver le projet de constitution issue
de la Convention pour l’avenir de l’Europe qu’en droit, lorsque
que le consentement (des peuples) est vicié, lorsqu’un contrat
n’a pas de cause, lorsqu’une procédure a été
bafouée, on n’essaie pas de sauver les meubles, on annule
purement et simplement la totalité de la procédure.
I - L’Europe a besoin d’intégration
politique et surtout de cadres pour exprimer une forme de volontarisme
politique…
A - Une profonde réforme institutionnelle
est nécessaire… car les institutions ont failli et
vont faillir à nouveau :
1) Nous ne sommes pas sorti de l’impasse de Maastricht qui
a construit l’Europe du capital en promettant pourtant l’Europe
politique… toutes ces promesses n’ont pas été
tenues. Il faut donc en tirer les conséquences.
2) L’élargissement a eu lieu avant que soient définies
les règles du jeu.
- 10 nouveaux Etats intègrent prochainement
l’Union sur la base d’un texte inopérant (le
Traité de Nice, qualifié d’obsolète par
la plupart des gouvernements des Quinze)
- Nice, chef d’œuvre de la complexité et de l’inapplicabilité
du génie technocratique est bien ce qu’on peut faire
de pire en matière de gouvernance… … mais le
traité constitutionnel de la Convention présidée
par VGE était bien pire encore.
- Nous sommes dans une IMPASSE dont il faut sortir en faisant preuve
d’un volontarisme politique sans complexe ni égards
pour les vieilles antiennes.
Et puisque que le jeu politique européen n’a plus de
règles –soient qu’elles sont illégitimes
soit qu’elles sont inopérantes – il faut en inventer
en commençant par le début
B- Cette réforme est d’autant plus urgente qu’aujourd’hui
nous sommes dans la pire des situations, une réforme simplement
formelle ne suffira pas !
1/ Les transferts de souveraineté ont été effectués
depuis 40 ans de sorte qu’il serait inconséquent d’y
revenir simplement parce qu’il y a blocage.
2/ De toute façon, le cadre national est dans la très
grande majorité des défis de notre temps insuffisant
pour permettre une alternative crédible et efficace (Mondialisation
des échanges, Nouvel Ordre sur la base d’un multilatéralisme
actif, défis écologique et du développement
des pays du Sud, lutte contre le terrorisme et la grande criminalité,
etc.)
3/ L’absence totale d’institutions fortes ET représentatives
(démocratiques) à l’échelle européenne
fait du processus d’élaboration des décisions
un ectoplasme insaisissable
Ce vide crée impuissance, frustration et incompréhension.
Alors que faire ? Si nous partageons ce constat, quelle serait notre
réponse ? Faut-il reprendre la même antienne de l’échec
: avancer toujours avancer car nous sommes allés trop loin
pour ne pas aller plus loin ? ce qu’un conventionnel administrateur
de GR appelle à juste raison le syndrome de la bicyclette
: "pédalez, pédalez même dans la mauvaise
direction, car si vous arrêtez de pédaler, vous allez
tomber. Et en effet à force de pédaler, nous sommes
peut-être allé dans la mauvaise direction, pire dans
le mur. Mais il fallait continuer à pédaler."
II - Il faut donner chair au projet européen et pour cela
appeler à une vraie Constituante
A – Un acte politique (re-) fondateur
1/ Ecrire une Constitution, ce n’est pas neutre : c’est
un acte politique fort. Qui demande d’abord l’adhésion
à un projet politique commun, à une chose commune,
à un destin commun dont nous serons tous co-responsables.
2/ Un tel acte suppose une remise à plat, sans tabou, de
la construction européenne pour que partout les constituants
se sentent légitimes de maintenir ou d’abolir.
3/ Seul le débat issue d’une assemblée constituante
sera en mesure de réconcilier les européens avec le
projet européens. Mais quels projets ??
4/ Prendre parti dès maintenant pour telle forme plutôt
qu’une autre (Europe fédérale, confédérale
ou autre) c’est déjà limiter le mandat que nous
voulons donner.
5/ Ce qui manque à l’Europe c’est non seulement
des Institutions crédibles (après Nice et l’élargissement),
mais surtout la clarté d’un projet qui rassemble les
citoyens des différents Etats.
6/ N’hésitons pas à dire que, si nous demandons
une nouvelle organisation des pouvoirs en Europe, c’est parce
que nous voulons une autre gouvernance économique, un projet
de société lisible et socialement avancé, nous
voulons une présence affirmée sur la scène
internationale pour défendre nos intérêts communs
et nos valeurs…
B- Tracer les contours du rêve européen
1/ Oeuvrer pour une Autre europe (Toni Andréani, Le
Piège européen) : "une autre Europe qui
se situerait à mi-chemin entre l’Europe supranationale (dont
la logique conduit au fédéralisme) et l’Europe des
nations (dont la division favorise la concurrence entre les pays
et les pouvoirs du capital transnational). C’est, semble-t-il, la
seule position "réaliste", c’est-à-dire
tenant compte de l’état réel de l’Europe et permettant
des avancées vers un modèle européen rouvrant
des voies en direction de régulations keynésiennes"
2/ Une Europe Puissance capable de porter une autre vision de la
géopolitique, d’autres valeurs que celles de l’économie,
etc.
3/ Une Europe sociale qui préserverait ses acquis et les
proposerait en modèle au reste du monde.