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Génération République débat de l’Europe à l’AG de la C6R


PARIS, LE 5 FÉVRIER 2004

Première publication : 5 février 2004, mise en ligne: jeudi 5 février 2004, par webmaster

Lien : www.republicain.net




Cyrille Minso, président de Génération République, interviendra le samedi 14 février 2004, au cours de l’Assemblée Générale de la Convention pour la VIè République (C6R), présidée par Arnaud Montebourg sur le thème suivant :

"Elire une Assemblée constituante européenne en juin 2004 ?"

 

 
Sur le sujet


Génération République et la C6R : précision suite à un article du journal Le Monde
Présentation de l’AG sur le site de la C6R
Arnaud Montebourg invité des cafés politiques de GR
Le Piège européen
Portail Europe de GR

Programme de l’après midi :

14h00- 17h Débat sur le thème : "Elire une Assemblée constituante européenne en Juin 2004  ?"
14h-14h20 Introduction par Paul Alliès, professeur de science politique à l’université de Montpellier.
14h20-15h Table ronde avec :
- Cyrille Minso, président de Génération République
- Jessica Pennet, présidente pour la France des Jeunes Européens.
15h-16h00 Débat avec la salle.
16h-17h Conclusions par Arnaud Montebourg, Dominique Voynet, le président de la C6R.


Plan de l’intervention de Cyrille Minso, président de Génération République  :


En préambule, je voudrais rappeler à la présidente du club des Jeunes Européens qui veut tout mettre en oeuvre pour sauver le projet de constitution issue de la Convention pour l’avenir de l’Europe qu’en droit, lorsque que le consentement (des peuples) est vicié, lorsqu’un contrat n’a pas de cause, lorsqu’une procédure a été bafouée, on n’essaie pas de sauver les meubles, on annule purement et simplement la totalité de la procédure.

I - L’Europe a besoin d’intégration politique et surtout de cadres pour exprimer une forme de volontarisme politique…

A - Une profonde réforme institutionnelle est nécessaire… car les institutions ont failli et vont faillir à nouveau :

1) Nous ne sommes pas sorti de l’impasse de Maastricht qui a construit l’Europe du capital en promettant pourtant l’Europe politique… toutes ces promesses n’ont pas été tenues. Il faut donc en tirer les conséquences.
2) L’élargissement a eu lieu avant que soient définies les règles du jeu.

- 10 nouveaux Etats intègrent prochainement l’Union sur la base d’un texte inopérant (le Traité de Nice, qualifié d’obsolète par la plupart des gouvernements des Quinze)
- Nice, chef d’œuvre de la complexité et de l’inapplicabilité du génie technocratique est bien ce qu’on peut faire de pire en matière de gouvernance… … mais le traité constitutionnel de la Convention présidée par VGE était bien pire encore.
- Nous sommes dans une IMPASSE dont il faut sortir en faisant preuve d’un volontarisme politique sans complexe ni égards pour les vieilles antiennes.

Et puisque que le jeu politique européen n’a plus de règles –soient qu’elles sont illégitimes soit qu’elles sont inopérantes – il faut en inventer en commençant par le début

B- Cette réforme est d’autant plus urgente qu’aujourd’hui nous sommes dans la pire des situations, une réforme simplement formelle ne suffira pas !

1/ Les transferts de souveraineté ont été effectués depuis 40 ans de sorte qu’il serait inconséquent d’y revenir simplement parce qu’il y a blocage.
2/ De toute façon, le cadre national est dans la très grande majorité des défis de notre temps insuffisant pour permettre une alternative crédible et efficace (Mondialisation des échanges, Nouvel Ordre sur la base d’un multilatéralisme actif, défis écologique et du développement des pays du Sud, lutte contre le terrorisme et la grande criminalité, etc.)
3/ L’absence totale d’institutions fortes ET représentatives (démocratiques) à l’échelle européenne fait du processus d’élaboration des décisions un ectoplasme insaisissable

Ce vide crée impuissance, frustration et incompréhension. Alors que faire ? Si nous partageons ce constat, quelle serait notre réponse ? Faut-il reprendre la même antienne de l’échec  : avancer toujours avancer car nous sommes allés trop loin pour ne pas aller plus loin ? ce qu’un conventionnel administrateur de GR appelle à juste raison le syndrome de la bicyclette  : "pédalez, pédalez même dans la mauvaise direction, car si vous arrêtez de pédaler, vous allez tomber. Et en effet à force de pédaler, nous sommes peut-être allé dans la mauvaise direction, pire dans le mur. Mais il fallait continuer à pédaler."

II - Il faut donner chair au projet européen et pour cela appeler à une vraie Constituante

A – Un acte politique (re-) fondateur

1/ Ecrire une Constitution, ce n’est pas neutre : c’est un acte politique fort. Qui demande d’abord l’adhésion à un projet politique commun, à une chose commune, à un destin commun dont nous serons tous co-responsables.
2/ Un tel acte suppose une remise à plat, sans tabou, de la construction européenne pour que partout les constituants se sentent légitimes de maintenir ou d’abolir.
3/ Seul le débat issue d’une assemblée constituante sera en mesure de réconcilier les européens avec le projet européens. Mais quels projets ??
4/ Prendre parti dès maintenant pour telle forme plutôt qu’une autre (Europe fédérale, confédérale ou autre) c’est déjà limiter le mandat que nous voulons donner.
5/ Ce qui manque à l’Europe c’est non seulement des Institutions crédibles (après Nice et l’élargissement), mais surtout la clarté d’un projet qui rassemble les citoyens des différents Etats.
6/ N’hésitons pas à dire que, si nous demandons une nouvelle organisation des pouvoirs en Europe, c’est parce que nous voulons une autre gouvernance économique, un projet de société lisible et socialement avancé, nous voulons une présence affirmée sur la scène internationale pour défendre nos intérêts communs et nos valeurs…

B- Tracer les contours du rêve européen

1/ Oeuvrer pour une Autre europe (Toni Andréani, Le Piège européen) : "une autre Europe qui se situerait à mi-chemin entre l’Europe supranationale (dont la logique conduit au fédéralisme) et l’Europe des nations (dont la division favorise la concurrence entre les pays et les pouvoirs du capital transnational). C’est, semble-t-il, la seule position "réaliste", c’est-à-dire tenant compte de l’état réel de l’Europe et permettant des avancées vers un modèle européen rouvrant des voies en direction de régulations keynésiennes"
2/ Une Europe Puissance capable de porter une autre vision de la géopolitique, d’autres valeurs que celles de l’économie, etc.
3/ Une Europe sociale qui préserverait ses acquis et les proposerait en modèle au reste du monde.

 

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