A la télévision et à la radio, le temps de parole de Nicolas Sarkozy,
et avant lui, de Jacques Chirac, n’est pas compté, une pratique que
dénonce Didier Mathus, député socialiste de Saône-et-Loire. « C’est
l’héritage d’une pratique où le Président, incarnation de la nation,
avait à coeur d’apparaître plus comme un arbitre garant de l’unité
nationale, que comme un chef politique », affirme-t-il.
Actuellement, la règle en vigueur – énoncée par le conseil d’Etat -
stipule en effet que « le président de la République ne s’exprime pas au
nom d’un parti ». Ce qui peut faire sourire.
Une mise à jour nécessaire ?
La législation est obsolète selon Didier Mathus. D’autant que « la
volubilité du président se revendiquant clairement comme chef de la
majorité rend la règle précédente caduque ». Le député PS demande au CSA
que les « règles du jeu » soient « adaptées » à « l’omniprésence médiatique »
de Nicolas Sarkozy. « Or n’étant nullement de nature législative, elles
ressortent de la seule initiative du CSA ».
En réalité, les règles dépendent davantage du conseil d’Etat, et sont appliquées par le CSA.
Si celui-ci ne comptabilise pas le temps de parole de Nicolas Sarkozy,
il compte en revanche celui de l’opposition d’une part, du gouvernement
(dont le Premier ministre) d’autre part, de la majorité enfin. Depuis
quelques années, ce comptage – dit règle de l’équité – a créé deux
cases supplémentaires : une pour le Modem, et une autre pour les partis
non représentés à l’Assemblée. Le temps de parole des cinq parties doit
être égalitaire.
Paru le 20 juillet 2007, sur 20minutes.fr