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C6R vs ... C5R


PARIS, LE 24 JANVIER 2006

mercredi 25 janvier 2006, par webmaster


Défense et illustration de la 5e République : telle semble bien être l’ambition de trois députés UMP qui ont lancé, ce 24 janvier 2006, la Convention pour la 5e République, la « C5R », avec l’objectif « d’animer le débat permanent pour que la pratique institutionnelle puisse évoluer à la faveur du rendez-vous présidentiel de mai 2007 ».

Certes, nos trois parlementaires avouent bien se sentir un peu à l’étroit dans une Assemblée nationale « aux pouvoirs incertains », sans que cela ne le empêche de louer l’efficacité et les qualités d’adaptation de la Constitution de 1958...

La C6R ne peut que se réjouir de cette concurrence, qui semble presque anachronique tant le seul Jean-Louis Debré avait jusqu’alors habitué les observateurs de la vie politique à défendre becs et ongles l’héritage institutionnel de son père.

En effet, cette initiative prouve combien le débat sur la réforme des institutions politiques de notre pays n’est pas marginal et que la C6R n’y est pas pour rien !

Pourtant, si la démarche de MM. Hénard et Chartier et de Mme Kosciusko-Morizet est plutôt une bonne nouvelle pour la démocratie, elle cache mal la volonté de la droite de s’approprier un débat que la gauche ne parvient pas à mettre au cœur de son agenda politique.
 

Ainsi, les aménagements « à la marge » de notre loi fondamentale que la C5R ne manquera pas de proposer pourraient tout à fait servir de débouchés au discours institutionnel de Nicolas Sarkozy prononcé à l’occasion de ses vœux et tendant à « césariser » un peu plus le régime.

Le silence de la gauche, quand il ne s’est pas agi d’approbation, est d’autant plus incompréhensible que nos concitoyens ont soif de participer à une démocratie moderne, enfin adulte, qui réhabilite la délibération, la représentation et la responsabilité politiques.

Or, seule l’instauration d’un vrai régime parlementaire, primo-ministériel et respectueux de la séparation des pouvoirs, est à même de répondre à ce besoin de démocratie.

Il est donc urgent que la gauche s’empare de la 6e République comme la droite est en train de se réapproprier la 5e République.

François Colcombet
Ancien député de l’Allier, président de la C6R

 

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